Celui qui a raconté "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" était un sacré couillon.
Je me sens tomber, tomber, j'aimerais pouvoir me raccrocher, mais je glisse, glisse encore. Il est le seul qui puisse me redonner une petite dose de confiance en moi, me faire sentir bien. C'est une grosse responsabilité, je le sais bien, surtout si on tient compte du fait que je ne peux lui rendre la pareille. Depuis mes quatorze ans, il est un peu le seul, celui qui pendant longtemps m'a été inaccessible, celui qui me fait sourire, rien que par une pensée. Il est celui à qui je pense un petit peu tout le temps, à qui je songe lorsque je fais quelque chose en me demandant "Qu'est-ce qu'il penserait de ça ?" celui qui me fait accélérer le rythme cardiaque. C'est malheureux d'être dépendant. C'est un peu comme une drogue. Oui c'est exactement ça, un junkie a besoin de sa dose d'héroïne, mais l'héroïne, en revanche, n'a pas besoin du toxico pour survivre. Justement, j'aurais sacrément besoin d'une bonne dose de poison dans la saignée, un truc qui me donne un flash, dû à la libération over méga puissante de dopamine dans la fente synaptique de mon cortex cérébral.
Ca m'énerve de donner cette image de fille paumée et chouineuse H24. Je suis désolée de t'infliger ce fardeau, je sais que je t'effraye, et qu'il n'y a pas l'alchimie parfaite que tu désires. Même si je me sens tellement bien à tes côtés, manger des nouilles japonaises, se battre pour le caramel dans le pot d'Häagen-Daazs, te sourire et me voir dans tes yeux bleus, critiquer le monde, m'endormir à tes côtés, tout ça.
Pour moi c'est fort, c'est la chose qui me fait tenir, qui me fait dire "Clémence, tu n'es peut-être pas si nulle que ça finalement, puisque quelqu'un sur la Terre pense à toi à cet instant".
Je suis sûrement trop instable, immature, et naïve, mais tu sais, je t'aime, et je ne sais pas comment surmonter ça, et j'ai besoin de toi, comme les quatre éléments ont besoin d'être ensemble pour fonder les piliers de notre Monde ...